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Appel de Pascale Jaunay PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Dimanche, 07 Février 2010 14:13

Bonjour,

Par chance, j'ai été épargnée par le tremblement de terre du 12 janvier passé. Je vais bien et ma maison est intacte (même si je me risque pas encore à y dormir étant donné les répliques encore régulières et les annonces de tremblement de terre à venir - 90% de chance d'avoir un séisme de moindre ampleur, d'ici la fin de l'année, nous dit-on).

Les premiers jours, alors que les communications étaient complètement coupées, je suis sortie à la recherche de mes proches, mais j'ai vite compris que c'était totalement vain de retrouver qui que ce soit dans un pareil chaos : si quelques quartiers avaient été miraculeusement épargnés, un nombre considérable de maisons et bâtiments étaient effondrés et personne n'était chez soi : tout le monde avait pris la rue, marchant vers des destinations inconnues, cherchant des parents, des abris, des secours, où enterrer les morts, où garder les quelques effets sauvés des décombres, où soigner les blessés, nourrir les enfants, etc.

 

J'ai demandé alors à quoi je pouvais être utile et l'on m'a dirigée vers l'hôpital de la Paix (Delmas 33) qui devait faire face à un nombre considérable de blessés accueillis par des équipes hispanophones pour la plupart (chilienne, cubaine, colombienne, espagnole, mexicaine, vénézuelienne). Le personnel haïtien de l'hôpital, victime à part entière du séisme, n'était pas en mesure de répondre à cette demande. J'y suis restée un peu plus de deux semaines où j'ai assuré l'accueil des victimes et la traduction avec les médecins coopérants. C'était éprouvant à tout point de vue : j'ai vu des choses que je n'aurais jamais imaginé voir dans ma vie (sauf à la télévision) et pour lesquelles je n'étais pas du tout préparée (par mes longues études de lettres). Mais j'ai tenu le coup et j'ai l'impression que mon travail finalement a été apprécié parce que, au-delà des questions linguistiques, j'étais familière des cultures en présence et je pouvais formuler les choses dans des termes qui étaient compréhensibles pour chacun, haïtiens et coopérants. C'était une toute petite touche d'humanité dans une détresse sans nom.
Depuis que les Haïtiens ont repris leur travail à l'hôpital et qu'il y a moins de blessés urgents, je me suis retirée de l'hôpital.

La première phase de la crise est passée, et la deuxième phase commence : organiser la survie.
Je regarde donc mon entourage professionnel et privé pour voir en quoi je peux l'aider. Heureusement, la grande majorité a survécu. Certains ont perdu des proches, la plupart sont sans toit et la totalité (en particulier les musiciens) n’auront sûrement pas de travail en Haïti pour les semaines, les mois et peut-être l’année à venir. De plus, certains doivent maintenant répondre pour des parents sinistrés, ce qui fait plus de bouches à nourrir alors que les prix de tous les produits de base ont augmenté. L'aide internationale doit bien être quelque part, les autorités haïtiennes doivent bien intervenir aussi, mais tout cela se fait dans une désorganisation au moins aussi grande que celle qui régnait déjà en Haïti en temps normal. En l'absence de coordination forte, l'aide apparaît nécessairement aléatoire. Il appartient donc à chacun de faire ce qu'il peut. Mais, toute seule, je ne pourrai pas faire grand chose.

C'est pourquoi je me tourne vers vous pour solliciter votre soutien financier. Je serais heureuse que vous puissiez me faire parvenir ce que vous estimerez possible.
J'ajoute en pièce jointe mon RIB en Haiti. J'ai déjà reçu des transferts antérieurement. Cela devrait marcher.
Si vous préférez - c'est la solution la plus pratique pour moi - vous pouvez envoyer le transfert via Western Union (vous trouverez mes coordonnées au bas du message). Dans les premiers jours, Western Union offrait ce service gratuitement pour Haïti, je ne sais pas si c'est encore le cas.
Sinon, vous pouvez envoyer un chèque à mon nom à l'adresse de ma mère, et elle se chargera du transfert en regroupant les montants : Françoise Jaunay - 10, rue des Dames des Roches – 86000 Poitiers

Merci de me faire parvenir également les informations par email, pour que je fasse le suivi depuis Port-au-Prince, et de préciser, le cas échéant, à qui ou à quoi vous destinez cette aide. Dans la mesure du possible, je vous tiendrai au courant des résultats.

Je ne suis pas très à l'aise dans ce rôle. Ce n'est pas dans mes habitudes de demander quoi que ce soit à qui que ce soit. Mais les conditions actuelles font sauter les réserves et les hésitations. Et les gens ont besoin : on n'a plus trop le temps pour les questionnements et les états d'âme.

Je vous remercie tous à l'avance. Envoyez-moi aussi de vos nouvelles. C'est un plaisir de savoir que les choses, ailleurs, continuent comme avant...

Bises
--
Pascale Jaunay
Delmas 77 - rue Abbé Clescens #3 - Port-au-Prince (Haïti)
tel : +(509) 34 68 42 99

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busy
Mise à jour le Dimanche, 07 Février 2010 18:33