Les Marrons


Le mot « marron » vient de l’espagnol cimarron qui, à l’origine, désignait le bétail échappé dans les collines d’Hispaniola. Puis, il a servi à qualifier les esclaves amérindiens qui fuyaient les espagnols, avant de s’appliquer exclusivement aux fugitifs afro-américains.
Les esclaves fugitifs formaient dans les lieux les plus reculés et les plus inhospitaliers des communautés qui allaient des minuscules bandes fragiles à de puissants États de plusieurs milliers de membres qui se sont perpétués dans le temps.

Les communautées, installées dans la forêt profonde ou tout près des plantations, pillaient celles-ci et libéraient des esclaves. Elles constituaient alors pour les colons une menace guerrière et économique. Les marrons furent donc forcés d’acquérir une grande maîtrise de la guérilla, utilisant au mieux les particularités du terrain, attaquant et se repliant avec une très grande rapidité.

Les bandes durent également se forger une culture, s’appuyant pour cela sur des notions héritées de leur passé africain et du contact avec les européens et les amérindiens du Nouveau Monde. Ainsi, si aujourd’hui, la culture des Marrons peut sembler très « africaine », elle reste le produit d’héritages composites et hybrides, forgés dans la rencontre historique d'individus porteurs de la diversité des cultures africaines.

Aujourd’hui, leurs descendants forment encore des enclaves semi-indépendantes, ils restent très fièrs de leurs ancètres et très attachées à leurs traditions. On peut trouver des communautées en Jamaïque, au Bésil, en Colombie, à Belize, au Suriname et en Guyane.


Les quatres peuples Marrons représentés en Guyane française aujourd’hui: les Aluku, les Ndyuka, les Paramaka et les Saramaka se sont formés en Guyane hollandaise (Suriname) aux XVIIe et XVIIIe siècles. Deux autres peuples, les Matawai et les Kwinti, se sont établis à l’ouest des Saramaka, mais n’ont jamais constitué une présence significative en Guyane.

Il faut savoir qu’une forte majorité de Marrons adultes en Guyane (à l’exception des Aluku) sont des « sans-papiers ». Ainsi, l’appartenance à l’un des peuples Marrons détermine pour chaque individu une identité liée à l’histoire et à la culture de ses ancètres mais aussi les ambitions qu’il peut raisonnablement nourrir quand à son avenir.

 

 

Gravure d'après un tableau
de A. Brunias, Marrons « Caraïbes noirs » de Saint-Vincent au traité de paix avec les anglais, 1773.

Leonard Parkinson, le dernier rebelle marron de la Jamaïque.
Le cercueil d'Agbago Aboikoni, chef suprême des Saramaka, arrive au canot pour son voyage au cimetière, 1989.

 

Djangili, un des danseurs du groupe Denku, venu au Suriname pour l'intronisation du nouveau capitaine.

"Village Saramaka", Kourou, 2002.

 

   
 

Pour en savoir plus...

Richard Price et Sally Price, Les Marrons, collection « Cultures en Guyane », La Roque d'Anthéron, Vents d'ailleurs, 2003.

Sally Price et Richard Price, Les Arts des Marrons, La Roque d'Anthéron, Vents d'ailleurs, 2005.

 

 

 

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