L’écologie en Haïti
Au XVIIIe
siècle, on l’appellait « la Perle des Antilles »;
aujourd’hui, après quinze ans de transitions démocratiques,
Haïti est le pays le plus pauvre des Amériques. Les colons
ont, au cours des siècles, dévasté le territoire
que les haïtiens continuent à abimer par nécessité.
L’agriculture et la pêche
La population
îlienne vit principalement de l’agriculture qui représente
à elle seule 65 % de la population active insulaire, 29 %
du PNB, et 40 % des exportations du pays. Près d’un
tiers du territoire est maintenant couvert par les terres cultivées.
Alors qu’au
XVe siècle, 80 % du territoire de l’île
était couvert par les forêts, aujourd’hui, cette
couverture ne représente plus que 2 % de la surface îlienne,
à la suite d’un défrichage massif par les colons
pour cultiver la canne à sucre puis le Sisal et l’Hévéa
avant de se lancer dans l’exportation à une échelle
industrielle du bois.
La déforestation
sauvage a provoqué la modification du territoire qui entraîne
le ruissellement des eaux sur les pentes, qui ne s’infiltrent
plus dans le sol, laissant alors se tarir les sources et les nappes
phréatiques. Or, l’importance de la population insulaire
actuelle nécessite un pompage rapide et en quantité de
ces nappes qui, vidées de leurs eaux de pluie, sont infiltrées
par l’eau de mer, devenant alors saumâtres et impropres
à la consommation.
La seconde conséquence
de la disparition des arbres est que l’eau de pluie qui ruisselle
entraîne avec elle la couche supérieure de terre cultivable,
rendant alors la culture encore plus difficile: en 1985, le rendement
des surfaces cultivées de maïs en Haïti était
de 900 kg à l’hectare contre une moyenne mondiale de 3686
kg.
La
pêche est la seconde ressource vitale pour les haïtiens,
11 000 pêcheurs la pratiquent mais c’est généralement
de manière très artisanale, le matériel est très
rudimentaire et la pêche reste un moyen pour les familles de compléter
les apports de l’agriculture.
Mais, de plus
en plus, les ressources marines s’appauvrissent à cause
du phénomène d’érosion des sols et de l’absence
de contrôle de l’activité par les autorités:
le matériel archaïque des pêcheurs les contraint à
rester dans les eaux côtières, où la faune sous-marine,
déjà pauvre, se raréfie à cause de la cette
pêche continue et de la pollution des eaux de mer.
L’environnement
On dénombre
en Haïti plus de 5 000 espèces de plantes, arbres et
buissons dont une bonne part n’existe que sur l’île.
La déforestation et donc l’érosion accélérée
des sols risque d’entraîner la disparition d’un grand
nombre de ses espèces florales mais aussi celle d’espèces
animales: mammifères, rongeurs, reptiles, amphibiens, oiseaux
et poissons.
Le gouvernement
de ce pays pauvre et surpeuplé ne trouve pas les moyens d’enrayer
ces désastres écologiques: trois millions d’iliens
vivent bien en-dessous du seuil de pauvreté absolue et la priorité
est l’auto-suffisance alimentaire, ce qui est encore loin d’être
atteint.
Les villes

La population
de l’île s’entasse dans quelques villes qui ne cessent
de croître: Port-au-Prince, la capitale voit plus de 10 000
nouveaux arrivants chaque année et sa population atteint maintenant
plus de deux millions dont plus de la moitié vit dans des bidonvilles.
L’eau manque et les conditions d’hygiènes sont catastrophiques.
Les installations sanitaires sont inexistantes ou inefficaces, les égouts
se déversent dans la baie de la capitale et les rues sont encombrées
de détritus.
La prise de conscience
individuelle de cette catastrophe écologique ne peut avoir lieu
en raison de la pauvreté qui règne en maître dans
les villes du pays. Les ressources par habitant sont parmi les plus
basses de la planète et les haïtiens doivent penser à
leur propre survie avant de pouvoir se consacrer à celle de leur
environnement.
Aujourd’hui,
la « Perle des Antilles » est devenue une « Perle
nue » où il ne fait plus aussi bon vivre. La lutte
pour la survie supplante la lutte pour l’environnement et ce phénomène
conduit à une sorte de cercle vicieux qui ne peut qu’entraîner
toujours plus les haïtiens dans leur misère quotidienne.